Ubi 4 Newbies

Depuis début décembre, je suis en stage chez Ubisoft, la boite de jeu vidéo, à Montpellier. Ca faisait un bail que j’avais demandé le stage, et j’avais fini par l’avoir (même si j’étais en lice avec d’autres candidats. Soi-disant). N’écoutant que mon courage, j’y suis allé.

  • Objectivement


On pourrait croire que les mecs là-bas sont des vrais geeks, des purs et durs, trainant sur 4chan, enterrés devant leurs ordis et jouant aux jeux vidéos pendant leurs pauses. On pourrait. Mais la réalité est bien différente : Là-bas, les mecs sont des geeks, enterrés devant leurs ordis et jouant aux jeux vidéo pendant leurs pauses, mais ils  connaissent pas tous 4chan.
Y’a aussi très peu de filles. Ou plutôt, faisons un peu de mathématiques : premier étage, étage des développeurs, des ingénieurs, des programmeurs, des graphistes, des Sound designers… bref, l’étage de la création de jeu, 90% de mecs. Et au rez-de-chaussée, là où sont les ressources humaines, l’administration, quelques graphistes et l’info, 30% de mecs. Alors du coup pour croiser des filles, c’est pas évident. Faut ruser, faire semblant d’avoir un truc à demander, commander un truc pour venir le chercher en bas… Bref.

  • Subjectivement

Le premier jour, à la pause midi, y’en avait la moitié qui jouait à Skyrim, l’autre à des MMORPG. Et une petite partie, dont moi, qui est sortie dehors pour manger un morceau. Les mecs là-bas sont quand même assez dans leur monde. Un exemple : On a des cartes magnétiques pour rentrer dans le bâtiment, et un jour la porte était entrouverte, bloquée par un briquet. Une fille a enlevé le briquet, et un mec qui passait pas là a dit « hé non, enlève pas mon Hack ».  Enlève pas mon Hack. Voilà ce que vous risquez de rencontrer si vous atterrissez dans une boite de jeu. Ils ont quand même une team pour jouer à Team Fortress 2, et je passe mon temps à discuter avec des gens sur Communicator (la version pro d’msn), alors qu’ils sont à 10 mètres de moi.
Un truc assez chiant, c’est que c’est une grosse boite, avec une mentalité à l’américaine. Ici tu fais des heures sup’ quand ils faut, pas forcément payées, les journées sont quand même assez grosses,  et il manque un brin d’humour qu’on pourrait croire présent chez tous les nerds.  Autre côté chiant, le langage très à l’américaine, plein d’abréviations, de raccourcis, d’anglicismes. « On fait un brief sur la FPP, parce qu’on est short : le projet sera pas killé, mais faut revoir le Lead, j’en ai parlé au DM, il est ok. On reste en stand-by. » J’exagère à peine.

  • Conclusion

Sur tous les bureaux, des manettes, des consoles / Je sais des trucs ultraconfidentiels / Le lundi c’est Aligot.

  1. objectif--subjectif a publié ce billet